Avec la fin du RTC (réseau téléphonique commuté), la téléphonie française “traditionnelle” entre dans une phase de transition ” forcée ” pour aller vers de la téléphonie 100 % IP et hébergée. La voix transite alors sur un lien Internet.

L’imaginaire collectif a naturellement fait rimer cette téléphonie cloud avec un besoin de performances Internet très haut débit. Un schéma erroné qui repose principalement sur le besoin primaire de posséder ce qui semble être le mieux (la fibre optique est considérée comme le “ must have “ répondant à tous les besoins des entreprises) et de mauvaises expériences liées à une connexion défaillante.

Cette croyance génère de l’inquiétude au sein des entreprises et des questionnements qui ne sont pas toujours justifiés.

En effet, une connexion en fibre optique est-elle réellement indispensable pour la VoIP ? Faut-il s’inquiéter en cas de non-éligibilité à la fibre ? 

Idée reçue n°1 : “ Pour que le son soit de bonne qualité, la VoIP nécessite du haut débit ” ⇒ FAUX !

Pour rappel, l’Internet Protocol a pour rôle de faire transiter des paquets de données (data) d’un point A à un point B. Lors d’un appel IP, chaque point est un interlocuteur et les paquets renferment des sons. Une conversation est jugée de “bonne qualité” s’il y a ni écho, ni décalage, ni grésillement, ni déformation, ni coupure, … Pour cela, le transport des paquets de A vers B, et inversement, ne doit pas subir de perturbation sur le trajet.

Trois indicateurs permettent alors de contrôler la fluidité, ainsi que la qualité de la transmission de la voix :

1. La latence (soit le temps de transit des paquets entre A et B). Elle doit rester en-dessous de 150 millisecondes pour être imperceptible par le cerveau humain.

2. La gigue (soit la variation de la latence dans le temps). Elle doit rester stable et sur des temps de latence faibles.

3. La perte de paquets doit être inférieure à 10 %.

Pour autant, un haut débit n’est pas forcément nécessaire car un lien IP est comme une autoroute. Ce n’est pas parce que le nombre de voies augmente qu’il faut rouler plus vite ! S’il y a trop de voitures (ou de paquets) sur un nombre limité de voies, cela crée : des ralentissements, une augmentation du temps de trajet (de la latence) et un effet accordéon (la fameuse gigue).

Concrètement, une conversation sur IP nécessite moins de 100 Kb/s sans compression. Avec un débit relativement faible d’1Mb/s par exemple, il est ainsi possible de gérer jusqu’à 10 conversations simultanées. Dans une PME de 30 à 40 personnes dont l’activité ne repose pas sur les appels téléphoniques, cela est donc amplement suffisant.

Plus que la valeur du débit, il faut donc se concentrer sur la stabilité et la qualité. Quatre caractéristiques sont à valider pour obtenir un bon lien IP :

1. La symétrie du débit montant et descendant. Avec une autoroute 4 voies dans un sens (les paroles de l’interlocuteur A) et une seule voie dans le sens retour (les réponses de l’interlocuteur B), cela coince ! Surtout si le trafic augmente… A moins d’être adepte du monologue, il faut que les deux sens soient identiques en nombre de voies.

2. Le débit garanti ou la régulation du trafic en amont de l’entrée sur l’autoroute pour garantir une vitesse minimum constante.

3. La priorisation des paquets « voix » afin qu’ils passent avant les autres paquets, lors du transfert.

4. L’allocation de la bande passante, autrement dit la voie réservée aux paquets prioritaires, la voix en l’occurrence.

Idée reçue n°2 : “ Les anciennes technologies basées sur le cuivre sont dépassées “ ⇒ FAUX !

Comme expliqué ci-dessus, il n’est pas forcément nécessaire d’avoir un très haut débit pour profiter de la VoIP. Certaines connexions DSL peuvent s’avérer amplement suffisantes car elles présentent les quatre caractéristiques clés de la qualité :

● La SDSL qui permet des débits allant jusqu’à 16 Mb/s.

● L’Accès Essentiel d’Orange : il repose sur l’ADSL et il est étudié pour remplacer les T0 dans les PME.  Son débit réduit, de 480 Kb/s, est parfaitement symétrique et garanti. cette offre peut ainsi assurer jusqu’à 4 conversations simultanées de bonne qualité.

Idée reçue n°3 : “ La fibre optique est la solution à tous les problèmes “ ⇒ VRAI et FAUX !

En effet, tout dépend du type de fibre car il y en a plusieurs… Si toutes les fibres ont pour vocation à offrir du très haut débit, la fibre mutualisée et la fibre dédiée ne proposent pas les mêmes garanties, ni la même qualité de service.

Dans la catégorie fibre mutualisée, plusieurs éligibilités sont possibles : FTTH (Fiber To The Home) en version Pro ou FTTE (Fiber To The Entreprise). Or, seule la FTTE se rapproche des quatre caractéristiques garantissant une bonne qualité de la VoIP.

De son côté, la fibre dédiée est souvent perçue comme la réponse à l’ensemble des problèmes techniques. Mais son prix n’est pas accessible à tous les budgets.

En conclusion, les connexions IP et la VoIP sont techniquement complexes. Mais, au-delà de la technique, il ne faut pas négliger le service apporté par l’opérateur télécom : l’humain, le conseil, l’accompagnement, l’outil de supervision, le temps d’intervention en cas d’incident, …

Dans ce cas, seul un opérateur spécialisé de proximité sera capable de contourner les problèmes, de faire le bon diagnostic des besoins et des contraintes, de proposer des solutions concrètes et d’être réactif tout au long du contrat.

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